augustin ferrando auto portaitAugustin Ferrando né le 15 avril 1880 aurait-il été artiste peintre s’il n’était pas né à Miliana et n’y avait pas grandi? Nul ne peut répondre à cette question, mais ce que l’on peut affirmer en revanche, c’est que Miliana inestimable joyau accroché à flanc de montagne, blottie derrière ses murailles et douillettement lovée dans son écrin de verdure si exubérant de ses couleurs, de ses senteurs, de ses lumières a, à n’en pas douter, profondément imprégné les peintures d’Augustin Ferrando, au point d’être surnommé le peintre fauve. Et comment ne pas être sensible, happé, ébloui, par tant de beauté, de charme, de grâce en voyant les paysages de rêve qu’offre Miliana ? Miliana aurait-elle été la muse principale d’Augustin Ferrando ? Voilà qui serait fondé ! Amandiers, cerisiers, grenadiers, pruniers, toute une variété d’arbres fleuris … descendant en cascades du Zaccar, passant par la cité antique pour se déverser somptueusement en contrebas dans les jardins et vergers innombrables, exhalant sur leur passage des parfums si agréables, étourdissants; et comment ne pas s’attarder sur les crêtes du Zaccar aux humeurs changeantes, s’accordant harmonieusement aux saisons, au soleil, à sa lumière… reflets bleu, rouge, vert, jaune, orange, violet… ou enveloppé de brume, de neige, ou de pétales d’amandiers…. Miliana, petit Eden terrestre éveilleur de sens, exalteur d’âmes, enchanteur de cœurs… ferrando-expoEt Augustin Ferrando en a été profondément imprégné et a su par la grâce de sa sensibilité exacerbée imprimer ses émotions, ses impressions, ses sentiments, sa poésie aux tons et couleurs choisis. Couleurs tantôt douces, estompées en touches légères, caressantes, inspirant calme et quiétude, tantôt impulsives, plus tranchées, plus denses, reflets d’humeurs plus sombres, plus passionnées, les jeux d’ombres et de lumières accentuant la profondeur des émotions, leur intensité.

Augustin Ferrando était très doué, premier des Beaux-Arts d’Alger puis de Paris, une carrière institutionnelle à Oran cette autre ville belle, ouverte, lumineuse, où il sera directeur de l’école des Beaux-arts. Il la quittera au bout de dix ans en profond désaccord avec les élus de droite qui se targuaient d’avoir été les premiers à réclamer la reconnaissance de Franco et de son régime, à un moment où la volonté de changement et d’ouverture était en pleine effervescence, et touchait aussi fortement la population algérienne, particulièrement dans les centres urbains, et à un moment où beaucoup de jeunes républicains espagnols fuyant le franquisme trouvaient refuge à Oran.

Le Zaccar (2)

Ses proches le dépeignent comme un homme bon, droit, protecteur des faibles, aimant rire, au tempérament indépendant, actif et toujours plein de projets. Augustin Ferrando est considéré comme l’un des fondateurs de l’École oranaise de peinture à laquelle il a imprimé un label d’une grande qualité à l’École des Beaux-Arts. L’enseignement artistique a été marqué par sa personnalité, mais il n’imposera jamais sa propre vision esthétique laissant s’épanouir l’expression personnelle de ses élèves . Il n’a lui-même jamais arrêté de peindre s’inspirant des nabis et des fauves, y compris pendant sa carrière institutionnelle. Augustin Ferrando était de santé fragile, il s’éteindra à Miliana où il était retourné retrouver les couleurs, les lumières, les senteurs de sa ville le 7 avril 1957. Les toiles ci-dessous représentent toutes les diverses humeurs, les instants de vie de Miliana. Les Belles Sources

Miliana2

Ferrando Le Zaccar

Ferrando Plaine du Chélif Miliana 1955 huile

Eté à Miliana2

Ferrando une ferme à Miliana

Automne Miliana2

Ferrando Vendanges à Miliana