Alvaro Mejias,  peintre surréaliste nous invite dans un univers onirique enraciné dans l’Amérique du Sud au Vénézuela. C’est dans son pays qu’il fait ses premiers pas dans la peinture avant de poursuivre sa formation à l’école des Beaux-arts de Paris. Dans sa peinture en transparence, trois thèmes reviennent souvent: la femme, l’enfant et l’oiseau que l’artiste pare de magnifiques couleurs vives, douces, lumineuses, des couleurs de la vie, des rêves, de la poésie. Alvaro Mejias compte un grand nombre d’expositions individuelles et collectives au Vénézuela, en France comme dans d’autres pays: Suisse, Italie, Espagne, Porto Rico, USA, Canada… Deux critiques de ses œuvres parmi d’autres:

alvaro-mejias-expose-son-univers-onirique 2

« Pénétrer dans l’univers d’Alvaro , c’est visiter un futur déjà passé, c’est la recherche constante et infinie de la création, ou l’aboutissement d’un monde futuriste. Le rêve devient réalité, la réalité n’est qu’un songe. (La Suisse)

« Ce surréaliste peint ses rêves et ses angoisses. Dans ses œuvres l’être humain se perd et se retrouve dans un monde fascinant et cruel, des paysages hallucinants, des monstres, des algues marines… ses couleurs donnent une ambiance particulière qui envoûte. Cet artiste si sensible a une grande technique jointe à une imagination créative qui nous emmène très loin dans l’interrogation du subconscient. »Le Républicain (Suisse)

Tout d’abord, c’est l’attaché critique artistique du Réseau Arts et Lettres François Speranza, qui nous situera l’œuvre de l’artiste Alvaro Mejias dans le mouvement surréaliste, ensuite c’est l’artiste lui-même qui s’exprimera sur deux supports, une vidéo dans laquelle il parle de son travail… tout en travaillant, enfin un texte poétique sublime de sensibilité, de profondeur, d’humanité, et qui prend le temps de se, nous poser délicatement au cœur de son/l’ univers! Alors place à Alvaro Mejias et à son art! Les Belles Sources

 

Mejias (3)

QUAND SURREALISME ET HUMANISME EXPRIMENT L’ŒUVRE D’ALVARO MEJIAS par François Speranza

Dans l’évangile de l’Histoire de l’Art, le surréalisme prend naissance au début du 20ème siècle. En 1917, Guillaume Apollinaire, voulant accéder à la perception de l’invisible, invente dans une lettre adressée à l’écrivain et critique littéraire belge Paul Dermée, le mot « surréalisme » pour effacer définitivement l’expression « surnaturalisme », à connotation trop philosophique. Cela valait pour la littérature mais la peinture et plus tard le cinéma n’allaient pas être en reste. Poursuite de la lutte ou renaissance d’un concept ? Force est de constater que le surréalisme n’est pas, comme le prédisaient d’aucuns, mort et enterré. Que du contraire, il s’adapte, s’enserre et se faufile dans les arcanes les plus glissantes de notre société pour augmenter les possibilités d’un art que l’on constatera être encore plus ancien que ce qu’une certaine critique a essayé, jusqu’à il y a peu, de nous faire croire.

Mejias_bajo-el-sol-tropical

S’il est indéniable de considérer Alvaro Mejias comme un peintre surréaliste, il faut admettre aussi qu’il participe à redonner au surréalisme ses lettres de noblesse en le replaçant dans une continuité historique, tant pour ce qui concerne l’Histoire de l’Art que pour l’Histoire de la pensée humaine. Par son œuvre, les deux disciplines se trouvent parfaitement imbriquées et repositionnées au sein de la quête séculaire de l’humain. Bien des critiques ont considéré la peinture mésoaméricaine contemporaine comme une forme de baroquisme sympathique alors que celle-ci se présentait déjà comme du surréalisme au sens étymologique du terme.

Avec Alvaro Mejias, nous retournons aux sources du surréalisme originel : celui du mythe que les cultures mésoaméricaines ont exploré dans une iconographie à l’intérieur de laquelle, lignes et couleurs explorent une essence onirique. Le surréalisme présenté comme « cultivé » reprit sans le savoir, après la Première Guerre Mondiale, une démarche onirique analogue (peuplée de rêves et cauchemars), dont la spécificité fut d’être ancrée au sein d’une bourgeoisie à prédominance catholique, ankylosée dans une frustration consommée, ayant perdu tout rapport avec la sacralité de la situation inconsciente du moment, jugée « sans intérêt » (réfléchissant ainsi la suprématie d’une philosophie matérialiste et mortifère) qu’il fallait reléguer aux oubliettes du refoulé, lesquelles nous ramènent à notre vulnérabilité face à l’indicible de l’instant pulsionnel, vécu jusqu’à ses dernières limites.

Mejias (2)

Le surréalisme que nous offre l’artiste plonge ses racines dans le mythe, à la fois culturel et personnel. Mais, à y regarder de près, le mythe, n’est-il pas lui-même l’expression première du « surréalisme », par la tragédie qu’il exprime de façon poétique? Par «tragédie», nous entendons l’œuvre prise comme source de méditation et d’enseignement, c’est-à-dire, au sens grec du terme.

En quoi, d’un point de vue technique, le surréalisme de l’artiste se définit-il ? Il se définit, en premier, par la puissance de ses couleurs qui lui assurent sa lumière. Par « puissance », nous voulons mettre en exergue la façon dont les couleurs (tendres dans l’ensemble mais efficaces dans la lumière qu’elles créent) projettent le sujet vers le regard du visiteur. A partir d’une note dominante (jaune, bleu, vert…) utilisée comme fond chromatique, toute la palette sert, en quelque sorte, de propulseur au sujet destiné à être capté par l’œil.

mejias17h lemuseeprive.com

D’un point de vue mythologique, ce qu’il y a sur la toile, témoigne de la présence envahissante des dieux et des déesses, prenant l’expression de formes que seule la part mythique de nous-mêmes, c’est-à-dire, la part liée à notre essence, peut interpréter et prolonger.

Le grand sens de la technique de l’artiste se développe tant dans les grandes toiles que dans les petites. La caractéristique de ces petits formats est définie par une sorte de déploiement de la forme, un peu comme le dépliage de celle-ci. Ils se définissent par plusieurs zones à l’intérieur desquelles elle s’exprime dans une myriade de détails.

Mejias (4)

ALVARO MEJIAS

Avec quel patience, douceur et simplicité les oiseaux construisent leurs nids… une vraie œuvre d’art. Combien de musiciens et compositeurs ont essayé de traduire en symphonie leurs chants. Quelle merveille la toile d’araignée, les ailes des papillons, les plumages multicolores des oiseaux, les coloris et formes des fleurs… et quoi dire du monde fantastique des océans. L’art respire dans tout notre univers, on est de simples copieurs de la nature et on a la hardiesse de croire qu’on est des auteurs. On a perdu l’instinct d’observation, l’admiration, sentir, apprécier… être plus proche de l’instinct animal.

Mejias sur son site

La femme comme image créatrice, sensuelle, fragile, battante, muse incommensurable de l’artiste. Quel poète n’a pas abandonné son âme pour un regard, un baiser, une simple caresse… devenu ainsi chanson, poème , histoire d’amour. L’enfant : la naïveté, la tendresse créatrice d’illusions, le jeu imaginaire de l’enfance, songer aux jardins des jouets où la réalité n’existe pas, seule prédomine la joie et les rires. Un chemin qui se perd dans l’horizon de la vie. L’idolâtrie : image de la mère, centre de l’univers dans l’âme de l’enfant. L’oiseau : symbole de liberté , l’haut de là, l’intouchable, inaccessible désir de rompre les chaînes et vivre enchaînés à nos principes moraux, religieux et culturels.

mejias16h site le musée privé

La voix du poète en chanson, le cri du peuple quand l’injustice l’opprime, le cœur palpitant quand là-bas dans la montagne soupire la cascade avec les caresses du ruisseau. La nuit : sorcière enchanteresse, enivrante d’amour et des rêves, compagne de la nostalgie, amie de l’insomnie … que seulement au petit matin les peines effacent. L’art : rêve de toute l’humanité, inspirations de tant d’idéaux, fragile proposition de la réalité de l’homme. A quoi sert l’art ? question cruelle pour une difficile réponse… c’est comme demander : pourquoi aimer ?… c’est quoi l’amour ? et de trop analyser, et de trop questionner. La vie s’en va, disparaît de nos âmes l’essence même de l’amour. Peut être un jour… dans le plus profond de notre subconscient… s’ouvrira une fenêtre ou jaillira une lumière d’espoir, compréhension, tolérance, humilité et paix… et seulement ainsi on sera plus humain, l’homme se libérera de l’individualisme, et , la vie, l’univers et l’art seront les vainqueurs de l’égoïsme… un autre monde est possible.

Exposition-des-oeuvres-de-Alvaro-Mejias-artiste-peintre-surrealiste-originaire-du-Venezuela_zoom_colorbox[1]

Sources

http://www.alvaro-mejias.com

https://artsrtlettres.ning.com