Cristina Branco née en 1972, grandit à Almeirim, petit village portugais au nord de Lisbonne. La révolution des œillets de 1974 a vu Amalia Rodrigues, la « Reine du Fado » empêchée de chanter, et le fado déclassé comme une relique du passé. Cela a  laissé des traces.

La jeune Cristina aime beaucoup la musique et écoute de la bossa, du jazz, du blues, elle ne se destine pas à une carrière musicale , mais à celle de journaliste et suit des études de communication. C’est le jour de son dix-huitième anniversaire pourtant, alors qu’elle écoute le disque offert par son grand-père, qu’elle découvre vraiment Amalia Rodrigues: Rara e Inédita, et se prend de passion pour le fado aux accents mélancoliques, nostalgiques auquel elle restera fidèle tout en l’enrichissant d’autres sonorités musicales.

Dans les années 1990, Cristina Branco suit des cours, mais  cette fois-ci c’est pour travailler sa voix. C’est à cette époque que les jeunes musiciens se tournent vers la musique traditionnelle pour tenter de réhabiliter ses racines. Cristina Branco participe alors à une émission de télévision portugaise qui lui permet de se produire en Hollande Cristina Branco in Holland (1999), et si le disque n’a été distribué qu’au compte goutte, le talent de Cristina Branco n’en a pas été moins révélé, il lui ouvre tout au contraire la voie (voix) de la reconnaissance.

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Le deuxième disque Murmurios (2000), est plébiscité dans la catégorie musique du Monde par la revue classique Le Monde de la musique, Post-scriptum (2000) « frappe » tout autant que le précédent. Les concerts s’enchainent: New York, Lisbonne, le Festival d’Edimbourg ou le prestigieux Concertgebouw d’Amsterdam, dans le pays qui l’a si bien accueillie. Cristina Branco reconnaissante ne l’oublie pas et lui rend hommage, au travers du poète néerlandais Jacob Slauerhoff qui vécut au Portugal, avec son disque Cristina Branco Canta Slauerhoff (2001).

Pour les deux albums suivants Corpo Iluminado (2003) et Sensus (2005), elle puise son inspiration chez le poète portugais David Mourao Ferreira. Cristina Branco incorpore le piano aux guitares habituelles dans ses orchestrations. Ullisses (2005) s’inscrit dans la lignée du précédent, mais à l’issue de dix ans de carrière, Cristina Branco fait une sorte de bilan avec un Live en 2007 enregistré sur la scène du théâtre à Leiden. 

Cristina Branco délivre probablement le disque le plus personnel avec Abril (2008) et ce, malgré l’hommage rendu aux compositions de José « Zéca » Afonso. Les réorchestrations, d’une grande richesse expressive, réveillent cette musique et prouvent ainsi toute sa modernité. Kronos (2009), Fado Tango (2011) enrichissent la palette de la chanteuse qui introduit du tango ou des rythmes cubains. 

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Cristina Branco fait partie des artistes qui ne s’installent pas dans le confort des acquis, elle aime explorer de nouveaux genres musicaux. Pour Alegria (2013), elle quitte les sentiers battus et endosse les traits de douze personnages censés représenter la palette des émotions humaines. L’artiste emmène ensuite cette vision théâtrale de la chanson dans une tournée au Portugal et au Benelux, ses territoires fétiches.

 

Ressource

http://www.universalmusic.fr